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Amnesty International 2008 logoLa répression contre les Ouïghours est ancienne mais sa médiatisation est récente. Elle s’explique par la découverte de l’existence des camps de détention et par les interventions de la Chine hors de son territoire contre des membres exilés de la communauté ouïghoure. Des membres de la diaspora chinoise qui n’appartiennent pourtant pas à la communauté ouïghoure sont eux aussi menacés car la Chine leur demande parfois de devenir des espions à son service au sein de la diaspora, pour surveiller les Ouïghours en exil.

Amnesty International se heurte à de nombreuses difficultés pour enquêter sur la situation des Ouïghours au Xinjiang, car la surveillance de cette communauté et de ce territoire est extrêmement poussée. Par ailleurs, la plupart des médias ou des témoins qui essayent de parler sont censurés par le gouvernement chinois. Il faut préciser aussi qu’Amnesty International est très respectueuse du droit. Ses membres ne se rendent pas dans des territoires où ils n’ont pas le droit d’aller, contrairement à beaucoup de journalistes. Ils sont donc dépendants des informations qui peuvent leur être envoyées ou des témoins hors du Xinjiang qui acceptent de parler, ce qui est rare car leurs familles sont souvent menacées. Ceux qui finissent par le faire sont généralement ceux dont les familles sont de toute façon menacée, voire déjà en détention. La Chine est par ailleurs experte en désinformation. Elle conteste systématiquement toutes les accusations formulées par Amnesty International sur le sujet, alors que la politique de l’organisation a toujours été de vérifier et revérifier ses informations avant de rédiger ses rapports. Même si elle prétend qu’il s’agit de centre de « formation », le fait que la Chine ait fini par reconnaître leur existence est déjà une avancée remarquable. Pourtant, si les pressions exercées sur l’association se limitent en France à des attaques informatiques, elles sont systématiques, sous prétexte de « sécurisation », contre l’antenne de Hong-Kong, qui est la tête de pont d’Amnesty International pour la Chine.

L’ONU est l’un des cadres privilégié d’Amnesty International pour exercer publiquement des pressions sur les gouvernements qui ne respectent pas les droits humains.
Pour cette raison, l’organisation Amnesty International est actuellement inquiète de la politique menée par la Chine au sein des institutions onusiennes, pour essayer d’en modifier l’esprit et les priorités en remettant en cause l’universalité des droits humains définis dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.
Même si l’ONU obtient enfin de la Chine la possibilité d’envoyer des enquêteurs sur place au Xinjiang, il est très probable qu’ils n’aient pas accès aux lieux incriminés et soient placés sous le feu de la propagande. D’autre part, même si la fermeture des camps est à terme probable, maintenant que la Chine en a reconnu l’existence, la politique de répression à l’égard des Ouïghours va très certainement se poursuivre car le Xinjiang est une région cruciale économiquement et géopolitiquement, sur l’une des nouvelles routes commerciales de la soie que la Chine développe actuellement. Le gouvernement de Pékin ne renoncera pas à contrôler cette région.

Si ce sujet et les violations des droits humains vous préoccupent et que vous souhaitez agir pour changer les choses, vous pouvez rejoindre les élèves de l’antenne jeune d’Amnesty International du lycée. Adressez-vous au CDI.

Synthèse des recherches de Lucie Veber, élève de cette classe.

De la littérature au lycée

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