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babelLA COUR DE BABEL : un film qui nous prend par les sentiments

Un voyage au cœur des différences

La cour de Babel, un film si émouvant que l'on se croirait au côté des acteurs durant 1h30. Ce long métrage a été réalisé par Julie Bertuccelli qui a suivis pendant 1 an 24 élèves des 22 nationalités différentes dans un collège Parisien spécialement adapté pour des jeunes dans leur situation. Grace à la présence de Maryam dans notre classe, élève ayant participé à ce documentaire, notre classe a eu le privilège d'aller assister à l’avant-première de ce dernier (…)
Les situations dans lesquelles se trouvent chacune des personnes suivies durant le tournage ne peuvent qu’émouvoir les spectateurs assistant à sa projection. Les rires comme les larmes, la solidarité comme la mésentente, dans tous les moments que nous avons, - quelque sorte - vécu à leur côté, nous procurent des sensations et sentiments plus que touchant (...) La cour de Babel est un film haut en couleur et en émotions qui ne risque pas de vous décevoir.

PAQUIN Suzy 2nde6
PIERON Léa 2nde6


« Pour ma part, je trouve que ce film est émouvant car ces enfants venant de partout se comprennent comme s’ils parlaient une seule langue. »

Yannick et Lola


Chine, Sri Lanka, Angleterre, Brésil, Sénégal,.. Ils arrivent tous de 24 pays différents, se retrouvent en France, et cohabitent dans le classe d’accueil d’un collège parisien. Ensemble, ils expriment leurs différences, leurs difficultés, leurs sentiments, dans une émouvante représentation de l’innocence, de l’énergie et de la fraternité. Tous égaux aujourd’hui dans le même désir de changer le Monde et leurs histoires. Une mise en commun bouleversante des combats contre les idées reçues sur le futur de chacun, qui nous fait de nouveau croire en l’Avenir.

Claire Vivarelli
Noémie Spor

Le but de ce film est de nous montrer la réalité, concernant les étudiants étrangers résidant en France, sur leurs difficiles débuts d’adaptation, chose qui nous était encore jusque-là inconnue. Pour être franc, je n’avais jamais vraiment réfléchi à ce problème d’intégration mais grâce à ce documentaire, nous ne pouvons maintenant qu’être admiratifs devant les qualités qui émanent de tous ces enfants, et ce peu importe leur nationalité, qu’ils soient Sénégalais, Brésiliens ou Coréens, ils doivent surmonter les mêmes difficultés, et n’ont d’autre choix que d’être solidaires (...)

Désormais, je sais quelles épreuves affrontent toutes ces personnes et le courage qu’elles peuvent déployer pour y faire face. Personnellement, je ne pense pas être dans la capacité d’en faire autant. Pour toutes ces raisons, il me semblerait légitime que tout le monde soit dans l’obligation d’aller voir ce film afin que chaque personne soit concernée et qu’elle puisse juger par elle-même du courage dont fait preuve chacun de ces enfants.

LAMY Geoffrey,


à découvrir au Majestic le 2 avril :
http://www.allocine.fr/seance/salle_gen_csalle=P1994.html?weekdate=2014-04-02#movie221636


Interview Maryam

 

L&C : Peux-tu te présenter, parler un peu de toi, dire d’où tu viens…
Maryam : Je m’appelle Maryam, j’ai 16 ans. Je suis libyenne, avant j’habitais en Egypte et je suis venue en France parce que j’avais des problèmes familiaux avec mon père.

L&C : Ton pays te manque ?
M : Avant j’habitais en Egypte et je m’en fichais plutôt de la Libye. Tant que j’habite avec ma mère c’est le principal : tu vois, ma mère c’est tout pour moi, c’est toute ma vie. Si je ne suis pas avec elle je ne peux pas respirer tu vois. Je ne peux pas vivre sans elle.

L&C : Tu as des frères et sœurs ?
M : Oui, on est cinq. Je suis la plus grande : j’ai une petite sœur et trois frères.

L&C : Ce n’est pas trop dur pour ta mère ?
M : Si bien sûr ! Tu vois ma mère elle est professeur, professeur de psychologie en Lybie mais elle ne connait pas la langue en France donc, elle ne peut pas enseigner. Mes grands parents envoient de l’argent tous les mois à ma mère.

L&C : Comment s’est passée ton arrivée en France ?
M : Quand je suis arrivée en France, je ne parlais pas la langue : J’ai appris petit à petit, mais c’était difficile pour moi parce que personne ne comprenait ma langue comme je parle le kabyle. L’arabe, je l’ai appris à l’école, ce n’est pas vraiment ma langue. A mon arrivée, j’étais dans une classe d’accueil à Paris pour apprendre le français. Dans cette classe, je me suis fait beaucoup d’amis qui sont aussi étrangers.

L&C : Et comment ça se passait entre vous ? Parce que ça devait être difficile, vous ne parliez pas les mêmes langues !
M : Ben, au début, tu vois, on parlait beaucoup avec les mains, si je veux un stylo je le montre ou des trucs comme ça. Mais après, on a appris petit à petit, la prof était super gentille, elle était toujours là pour nous ! Elle faisait le maximum pour pouvoir nous aider.

L&C : Comment ça se passait avec les autres élèves du collège ? Ceux qui n’étaient pas en classe d’accueil ?
M : C’était bien. Enfin mieux qu’à Verdun. A Paris, il y a beaucoup d’étrangers, de gens qui ne parlent pas français donc les gens ont plus l’habitude. Mais à Verdun c’était plus difficile.

L&C : Tu t’en sors pour comprendre les cours ?
M : Pas toujours, certaines matières c’est vraiment dur. Tu sais à Paris, c’est plus facile. Mes amis qui y sont au lycée, ils sont en première S, mais dans une classe d’accueil pour qu’ils puissent faire leurs études. Même s’ils ont des difficultés, il y a une classe spéciale pour les aider. A Verdun, il n’y a pas ça. Je suis obligée d’aller comme les autres et si je n’ai pas la moyenne, je ne peux pas aller en S donc je n’ai pas beaucoup de chance d’y aller. Mes amis, même s’ils ont 8 ou 9 ils vont les accepter parce qu’ils arrivent en France et c’est très dur pour eux donc ils vont leurs donner leur chance. Mais moi… J’espère qu’ils vont me donner ma chance. Mais si je ne vais pas en S, je ne sais pas quoi faire je ne pourrais pas faire médecine ! Et c’est ça que je veux faire tu vois, depuis que je suis petite c’est mon rêve ! Je ne peux pas changer, je ne pourrais pas faire autre chose, quelque chose que je n’aime pas sinon plus tard je n’aimerais pas mon travail.

L&C : Et tu dois travailler beaucoup plus que les autres maintenant que tu es dans une classe normale à Verdun ?
M : Oui, parce que c’est très dur d’apprendre la langue. Tu vois, dans le film, ça faisait que 7 ou 8 mois que j’étais en France ; J’ai fait pleins d’efforts pour apprendre le français. Tu vois la différence entre maintenant et dans le film !

L&C : Et sinon le tournage de La Cour de Babel ?
M : Ben tu sais, nous, au début, on ne savait pas qu’on allait faire un film, c’était super étonnant ! Alors on regardait toujours la caméra. Et Julie la réalisatrice elle disait «Non regardez pas ».

L&C : Tu es partie au milieu du film, ça n’a pas été trop dur pour toi ?
M : Je ne suis restée que trois mois l’année du film. Tu vois j’étais trop triste, je ne voulais pas partir. Quand ils ont dit à ma mère « tu vas partir à Verdun, c’est grand, les maisons sont grandes c’est beau » Mais par rapport à Paris…

L&C : Tu gardes quand même contact avec les gens du film ?
M : Oui j’essaie. Mais là ça faisait un an et quelques que je ne les avais pas vus. Quand je les ai revus c’était pour le film, à Paris. Ils ne m’ont pas reconnue, ils m’ont dit « Nan tu es pas Maryam ! » Et eux aussi ils ont changé ! C’est plus les mêmes que dans le film. Maintenant ils parlent tous bien français.

L&C : Le film ça te permet de garder contact avec eux ?
M : Oui, la dernière fois à Paris, on a fait pleins de photos ensemble pour le film. Peut être que si on n’avait pas fait le film, on ne se serait plus jamais vus ! Moi je reste tout le temps à Verdun, et eux à Paris. Ils y en a certains qui sont rentrés dans leur pays. Luca, il est reparti en Irlande. Kessa, elle est repartie en Angleterre. Ils reviennent juste pour le film, pour les soirées tout ça.

Propos recueillis par Louise Nosal et Clarisse Haton en Fevrier 2014.

 

De la littérature au lycée

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